Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche – Danseurs et Chorégraphes

Nicolas_et_ClaireMarie © Jean-Philippe Raibaud

Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche, Étoiles de l’Opéra National de Paris, s’exposent et se livrent au passé et au présent à travers une exposition exceptionnelle qui se tient du 29 janvier au 29 mai au Centre d’Art et de Danse Éléphant Paname. Ils présenteront aussi, dans les mois qui viennent, leur creation, Para-ll-èle, qui était au Théatre des Champs-Elysées, début mars, sur une composition originale de Matthieu Chedid.

Pour Travel Jam, ils vident leurs valises et nous parlent voyage…

Clairemarie et Nicolas, d’où venez-vous et où allez vous?

NLR : j’arrive du Theatre des Champs Élysées et je vais à Amiens pour créer ma nouvelle pièce « PARA-ll-ÈLES ». Ensuite quelques étapes à Montpellier, dans le sud de la France puis en Suisse. Je voyage d’une scène à l’autre et parfois même je voyage sur la même scène !

CO : Je viens du sud-est de la France, d’une région où il est fréquent de se dire bonjour avec un sourire en se croisant dans la rue! En montant à Paris, je portais une veste réversible bleu-marine d’un coté et fleurie de l’autre. A Nice, je mettais le coté fleuri visible, mais après quelques temps, à Paris, j’ai inversé le sens pour faire apparaitre le coté bleu marine!! Aujourd’hui j’adore Paris. Cette ville est d’une beauté à couper le souffle et même si la tendance est plutôt gris-blanc que jaune-mimosa, c’est devenu « chez moi ». Au plus j’ai voyagé dans ma vie, et j’ai fait plusieurs tours du monde, au plus j’ai aimé revenir. Je suis montée à Paris pour danser et je sais que je pourrais en partir si un projet de vie devait m’emmener ailleurs. Je suis mon chemin….

 Quel est votre plus beau souvenir de voyage?

NLR : la découverte du Laos. Lointain pays, au temps qui s’étire, aux couleurs qui explosent parmi mille visages ouverts sur l’autre.

CO : Je garde un souvenir particulier du premier grand voyage que j’ai fait à 10 ans aux Etats-Unis via Londres avec mes parents. Ils devaient y aller sans mon frère et moi puis un soir, ils nous ont « convoqués », nous avons craint l’annonce de l’arrivée prochaine d’un frère ou d’une soeur et à notre grand soulagement il fut question que nous prenions part au voyage. Londres puis l’Arizona, le Grand Canyon, la Californie …3 semaines d’un grand voyage. Je me souviens d’avoir été impressionnée par l’espace et les étendues américaines, par la taille des gens d’un gabarit plus imposant que nous, par la réalité des cow-boys et aussi des indiens et de leur tragique histoire . Je ne parlais malheureusement pas encore anglais mais aujourd’hui mes enfants à 8 et 11 ans le parlent grâce à leur nounou anglaise. Elles ont le monde ouvert autour d’elles.

 Le voyage lié à votre carrière de danseurs, qui vous a particulièrement marqué…

NLR: les voyages éclairs à l’autre bout du monde comme ce spectacle d’un soir à Tokyo où je suis arrivé l’après-midi et reparti le lendemain. Ou encore cette arrivée à la gare de Moscou, par le train de nuit qui relie Saint Petersbourg, au petit matin: la brume, les costumes, les grands voyageurs…

CO : J’ai envie de parler de plusieurs voyages dans le même pays: Le Japon, où je suis allée tous les trois ans en moyenne depuis plus de 25 ans. Ma relation avec ce pays a évolué. Au début, je n’y comprenais rien. Impossible pour moi de communiquer, la langue inconnue bien sûr mais aussi les codes gestuels et les comportements. Puis au fur et à mesure, je me suis plongée dans leur littérature, leurs arts, leur société… ma fille cadette porte comme second prénom « Sayuri ».

 

Celui dont vous rêvez, en famille…

NLR : je rêve de découvrir les grands espaces africains en famille : la faune, la flore, les gens, les cultures, la musique.

CO : En famille je rêve de voyages simples qui donnent le temps de se parler. Ce ne sera pas une question de kilomètre mais plus de rythme et de partage entre nous.

 Dans vos valises, 6 indispensables…

NILR : des livres, des « yeux d’abeille » (pour dormir dans l’obscurité), un carnet de notes, de la musique, un ordinateur, un sac vide supplémentaire.

CO :

Un livre

– Des yeux d’abeille ( cache-yeux pour dormir même en lumière)

– Des bouchons anti-pression pour les oreilles car je souffre souvent de la dépressurisation dans l’avion ( il m’est arrivé de prendre le train de nuit pour être sûre de pouvoir assurer le spectacle car les problèmes d’oreille interne perturbée par l’avion font perdre l’équilibre!)

– Des photos de mes enfants. Je compte faire un album de tous les selfies que j’ai fait

pendant mes voyages pour envoyer à mes filles, c’est assez émouvant!

– Des chargeurs et prises locales pour téléphone et ordinateur

– De la monnaie locale. J’ai des porte-monnaies avec différentes monnaies et je prends avec moi celui du pays où je vais.

 La chose que vous oubliez systématiquement…

NLR : mon rasoir et un coupe ongles: je possède du coup l’une des plus grandes collection de coupe ongles au monde!

CO : Rien, je suis prévoyante!

Des adresses que vous aimeriez partager avec nous…

NLR : Un hôtel… À Bora-Bora le Moana Beach.

Un restaurant… Le restaurant Sukiyabashi Jiro à Tokyo (sushis)
.

Une plage… celle où il n’y a personne donc… secret!

CO : Un hôtel.. Le Mandarin Oriental à Bangkok, ma grand-mère m’y a offert une nuit pour mon voyage de noces/ luxe et charme colonial…

Un restaurant.. Septime, rue de Charonne à Paris.

Une plage.. Bora-bora sans hésiter: le rêve dépasse la réalité Cependant la promenade des Anglais à Nice malgré ses galets, est ma madeleine de Proust
.

Si vous deviez nous conseiller un ballet pour “voyager” depuis notre salon…

NLR : Carmen de Roland Petit. Si français, si espagnol… Créé en 1946 pour Zizi Jeanmaire, ce ballet est d’une modernité étonnante. Entre la musique et le ballet, c’est probablement l’œuvre qui elle-même a le plus voyager.

CO : Avec un nom pré-destiné, Odyssée, chorégraphie de Nicolas Le Riche, musique Arvo Pärt et film-court de Vincent Perez.

Un spectacle qui vaut le coup de prendre immédiatement un billet d’avion…

NLR : le prochain spectacle de James Thierée ou la dernière production de Robert Lepage.

CO : J’espère que notre prochaine création PARA-ll-ÈLES avec Nicolas le Riche fera faire un beau voyage au public.

Pour vous, le prochain décollage ce sera…

NLR : Para-ll-èles, ma dernière création qui a pour décor le ciel étoilé!

CO : Portée au bout des bras de Nicolas sur les scènes de France et d’ailleurs.

Photo : Jean-Philippe Raibaud

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